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ACTUALITES

08 MARS 2026 : JOURNÉE INTERNATIONALE DES DROITS DE LA FEMME

L'Intelligence artificielle et les droits des femmes : compte rendu des travaux à l'ASCAD

 

Le vendredi 13 mars 2026, à 10 heures, l'Académie des sciences, des arts, des cultures d'Afrique et des diasporas africaines (ASCAD) a tenu une session dédiée à la Journée internationale des droits de la femme. Le programme des travaux portait sur le thème : « L'Intelligence artificielle : comprendre, s'adapter et prospérer ».

La modération a été assurée par Me Christiane Léopoldine BITTY-KOUYATÉ, membre du Domaine des Sciences sociales de l'ASCAD. La communication centrale a été faite par M. Jean-Patrick EHOUMAN, Architecte logiciel, entrepreneur social et meilleur entrepreneur de la diaspora. Une phase de questions-réponses a suivi, puis un déjeuner avec les participants.

​Définition technique de l'intelligence artificielle

​La première partie de la présentation de M. Ehouman s'est attachée à décrire l'architecture de fonctionnement de l'intelligence artificielle. L'IA a été définie comme un programme informatique élaboré à partir de modèles mathématiques et de calculs de probabilités. Son fonctionnement repose sur l'assimilation et le traitement de bases de données massives issues du réseau Internet.

​Le conférencier a précisé que la machine opère sans recourir à une conscience propre. L'IA ne possède ni sentiments, ni émotions, ni foi. Le processus de réponse d'une IA générative consiste à calculer statistiquement la suite logique de mots ou de pixels la plus probable en fonction de la requête formulée. Cette description visait à dissocier les capacités de calcul de l'outil, des caractéristiques cognitives humaines.

Contraintes techniques et juridiques

​La présentation a ensuite exposé les limites de l'intelligence artificielle. Le premier élément abordé a été le phénomène de l'« hallucination ». Ce terme technique désigne la situation où l'algorithme génère et affirme des données factuellement fausses ou inexistantes, car le modèle privilégie la probabilité de la formulation au détriment de la véracité du fait.

​Le second élément développé concernait les droits d'auteur. Les modèles d'IA générative sont entraînés sur des corpus de textes, d'images et d'œuvres préexistants, généralement soumis au droit de la propriété intellectuelle. Le conférencier a indiqué que cette méthode de collecte non consentie a entraîné des poursuites judiciaires à l'échelle internationale, initiées par des auteurs et des maisons d'édition à l'encontre des concepteurs de ces algorithmes.

​Concernant le milieu académique, M. EHOUMAN a mentionné la pratique de la paraphrase automatisée par l'IA. Il a souligné que les logiciels gratuits de détection de plagiat par l'IA présentent un taux de fiabilité inférieur à 30 %. L'identification des contenus générés algorithmiquement nécessite désormais l'utilisation de plateformes professionnelles payantes.

Répercussions sectorielles : éducation et culture

​La phase d'échanges avec l'auditoire a permis d'aborder les impacts de l'IA sur différents secteurs. Dans le domaine de l'éducation, les méthodes traditionnelles d'apprentissage et d'évaluation ont été soumises à une analyse critique. L'interdiction des téléphones portables dans les salles de classe a été décrite comme une mesure en décalage avec l'accessibilité actuelle à la technologie.

​L'alternative présentée consiste à utiliser l'IA comme un outil d'accompagnement. Des plateformes d'apprentissage en ligne, similaires à la Khan Academy, ont été citées en exemple pour leur capacité à fournir un tutorat adapté au rythme de chaque apprenant. Il a été suggéré que l'évaluation scolaire se concentre sur l'analyse critique et le raisonnement plutôt que sur la simple restitution d'informations mémorisées. L'utilisation d'hologrammes pour illustrer les enseignements a également été mentionnée.

​Dans le domaine culturel, la capacité de l'IA à produire des œuvres d'art visuel et musical a été reconnue, références faites aux victoires d'algorithmes lors de concours artistiques. La conclusion des échanges sur ce point a établi que la dimension émotionnelle et le vécu inhérents à la création demeurent des attributs spécifiques à l'être humain.

Droits des femmes et données statistiques

​Le segment final de la conférence a été marqué par l'intervention du Président de l'ASCAD, le Professeur Aké G. M. N'GBO, qui a corrélé l'enjeu technologique à la Journée internationale des droits de la femme, dont l'officialisation par les Nations Unies date de 1977.

​Le Président a exposé une donnée statistique majeure : à l'échelle mondiale, les femmes ne détiennent actuellement que 64 % des droits juridiques reconnus aux hommes. Il a indiqué que le développement de l'intelligence artificielle comporte un risque inhérent de reproduction de ces disparités si les bases de données et les algorithmes sont conçus exclusivement par une frange masculine de la population.

​Pour neutraliser ce biais, le Professeur Aké G. M. N'GBO a recommandé l'intégration active des femmes dans l'apprentissage des langages de programmation et l'ingénierie logicielle. Le programme de formation technologique « She is the Code » a été cité comme modèle d'initiative permettant aux jeunes femmes d'acquérir les compétences requises dans le domaine du numérique.

 

Synthèse et gouvernance technologique

​La synthèse des travaux a mis en évidence le fait que le continent africain doit surmonter les résistances au changement face à ces technologies de rupture. L'intégration de l'intelligence artificielle a été identifiée comme un impératif stratégique.

​Il a été conclu que la gouvernance de cette transition technologique nécessite une planification rigoureuse. Le déploiement, la formation et la régulation de ces outils doivent être organisés au niveau des institutions et organisations. Cette démarche est érigée en condition sine qua non pour assurer le développement des infrastructures et préserver la souveraineté face aux mutations numériques globales.

ASCAD - Communication